La corruption gangrène le ministère de la Justice. Le ministère Jacques Randrianasolo l’a reconnu hier, en marge de la sortie de promotion « Andraragy » des magistrats au centre de Conférence international (CCI), à Ivato. Un assainissement est plus que nécessaire, aussi bien au niveau du tribunal qu’au niveau du service pénitencier ou encore au niveau de l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG) où l’on a découvert des actes suspects, selon le ministre de tutelle.

Interrogé par les journalistes sur le cas d’un détenu indopakistanais incarcéré autrefois à Tsiafahy mais qui a dû être transféré dans une autre maison de force, Jacques Randrianasolo a révélé que la famille de celui-ci a été victime d’extorsions de fonds de la part des responsables de cette maison de force. « Ils leur demandent jusqu’à 25 millions d’ariary d’écolage et cela constitue une honte pour la Justice malgache », regrette le garde des Sceaux. Il reconnaît une véritable gabegie totale qui règne au sein du service pénitencier à Madagascar.

La suspension des cinq (05) magistrats à Toamasina suite à leur participation à la libération d’un présumé cerveau des actes de kidnapping qui se sont déroulés dans le pays témoigne, selon le ministre, la corruption qui règne au sein du tribunal. C’est pour redorer justement l’image de la justice malgache que le Premier ministre, Christian Ntsay, a rappelé aux nouveaux magistrats la nécessité de mettre en place un changement garant de la démocratie, d’une bonne gouvernance et de l’Etat de droit.

« Cela, pour la restauration de la paix et de la sécurité dans le plus bref délai dans le pays. Pour ce faire, le pays a besoin des magistrats intelligents, justes et prêts à accomplir leur mission en toute impartialité, sagesse et dignité parce que la population se demande qu’en est-il d’une justice impartiale qui protège les plus démunis », a indiqué le chef du gouvernement, Christian Ntsay.

Concernant justement l’école de la magistrature et des greffes, le ministre de la Justice indique que le concours d’entrée dans cette école reste encore suspendu. « Comme le précédent ministre, nous avons également constaté des anomalies et nous procédons actuellement à l’assainissement dans ce centre de formation des hauts employés de la justice », indique Jacques Randrianasolo. « Le magistrat fait partie d’un corps d’élite et il faudra que l’école en sort ainsi des élites », martèle le ministre.

Concernant la lutte contre la corruption proprement dite au sein de la justice, le ministre annonce ainsi l’installation des caméras de surveillance au sein du tribunal et des prisons pour pouvoir contrôler de près les agents de l’Etat.20